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911mars 2021

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Zoom sur Dominique Goeury

Covid-19
FHF

Dans cet entretien, Dominique Goeury, Pharmacien Hospitalier et Chargée de mission Produits de Santé pour la FHF fait le point sur l’état d’approvisionnement des médicaments et DM dans les établissements de santé pendant la crise liée au Covid19.

Dans quel état d’esprit êtes-vous en ce moment ?

Les pharmaciens hospitaliers, les hôpitaux sont très attentifs, très vigilants suite à la mise en place depuis le 27 avril par l’État d’un nouveau système très centralisé d’approvisionnement en médicaments en rupture ou en risque de rupture.

À savoir pour 5 molécules déjà, et peut-être pour d’autres produits de santé, l’État fait lui-même des commandes nationales. Ensuite l’ANSM calcule les dotations nécessaires aux hôpitaux par rapport aux nombres de lits occupés par des patients Covid+. L’approvisionnement est prévu chaque semaine. Les ARS sont chargées de valider ces dotations pour ensuite une livraison par un dépositaire au niveau des établissements. Ce système centralisé, pour le moment a démarré au début de la semaine (27/04/20) et nous attendons de voir comment il fonctionne.

Quelles mesures ont été  prises?

Depuis 6 semaines, les pharmaciens hospitaliers ont fait face à ces vagues de patients hospitalisés en réanimation et ils ont été en mesure de donner aux médecins, pour chaque patient hospitalisé, les médicaments et les dispositifs médicaux en quantité suffisante. Même dans hôpitaux du Grand-Est et dans les hôpitaux d’Île-de-France.

Jusqu’au 24 avril, ils ont mobilisé leur réseau de fournisseurs de produits de santé qu’ils connaissaient à travers les groupements d’achat et ces derniers ont répondu positivement en augmentant la production ou en accélérant les livraisons qui se faisaient même quelquefois sans boîtage, en vrac.

Et surtout, le deuxième point sur lequel les pharmaciens ont pu montrer leur expérience, ce sont les dépannages qu’ils ont organisés entre les PUI au niveau d’une région ou d’un GHT. Ce système a parfaitement fonctionné. Il n’y a pas eu de coupure de traitement des patients dans les établissements de santé. Les pharmaciens ont participé aux cellules de crise des hôpitaux en lien avec les médecins, pour faire évoluer les protocoles d’épargne des médicaments et surtout, préparer la dispensation des médicaments de substitution avec des informations qui permettaient de bien préparer la dispensation de médicaments nouveaux afin d’éviter les erreurs médicamenteuses.

Quelle seront les priorités à l’issue de cette crise ?

Les pharmaciens hospitaliers ont été interpellés par la disparition des stocks d’urgence qui avaient été constitués avant 2010 par l’EPRUS. Ces stocks étaient gérés dans les établissements, dans les plateformes des établissements de Centres Hospitaliers.

Par ailleurs en 10 ans la localisation des chaines de production de médicaments, dispositifs médicaux, Équipements de Protection Individuelle a continué à être délocalisée en Asie accentuant les ruptures périodiques et continuelles récurrentes, je pourrais dire, des produits de santé dans les hôpitaux.

Donc, les pharmaciens souhaitent absolument que ce dossier des pénuries des médicaments soit traité. Pas avec de nouveaux groupes de travail ou de rapports. Ils ont été faits. Il faut mettre des solutions en route aussi bien au niveau de la France qu’au niveau de l’Europe.

Un autre sujet, qui nous a interpellé c’est l’absence de système d’information performant pour la gestion des produits de santé, que ce soit pour des échanges d’information à l’intérieur des hôpitaux, entre l’hôpital et la ville, entre l’hôpital et des institutions, des tutelles et entre les établissements eux-mêmes.

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