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1517déc. 2020

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Zoom sur Jean-Michel Constantin

IADE
Réanimation
SFAR

Dans quel état d’esprit êtes-vous en ce moment ?

Après 5-6-7 semaines de gestion de crise, nous sommes toujours présents, c’est difficile, c’est un mélange de fatigue, de satisfaction parce que l’organisation qui a été mise en place fonctionne, un peu de stress parce qu’il y a toujours le fait de vivre dans cette zone à risque avec des patients compliqués, mais en même temps soutenus par la nécessité de faire ce travail, le soutien indéfectible de la population et de toutes les équipes autour de nous, donc toujours présents et nous serons présents jusqu’au bout.

Quelles mesures prioritaires ont été prises dans ce contexte Covid19 ?

Les mesures qui ont été nécessaires : il a fallu répondre par l’acceptation et l’organisation dans les zones à plus haut risque de ces patients Covid qui sont des patients compliqués avec des syndromes de détresse respiratoire aigus, très importants, très invalidants, nécessitant une prise en charge très particulière.

En même temps, et c’est ce qui est vraiment frappant dans cette période, il a fallu, devant l’afflux massif de patients, réorganiser totalement le système de soins. La place de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR) a été prépondérante.

On avait en France à peu près 5.000 lits de réanimation, il a fallu être en capacité d’accueillir 7-8-9.000 patients assez rapidement, et nous n’avons pas manqué de médecins. L’anesthésie-réanimation, c’est 10-11.000 médecins en France dont 9.000 exercent habituellement dans des blocs opératoires. Comme l’activité chirurgicale a été arrêtée très tôt, ça nous a permis de redéployer dans les services de réanimation, qui ont été montés ex nihilo pour certains, à partir de soins continus pour d’autres, de mettre à disposition des personnels soignants formés, des médecins qui connaissent la réanimation et qui ont pu répondre présents à cette demande.

Ce qui a été plus difficile pour les soignants parce qu’on s’est retrouvé à mettre dans ces services de réanimation, des infirmiers qui ne connaissaient pas la réanimation, qui n’en avaient pas fait depuis longtemps. Heureusement, grâce à l’aide des Infirmiers Anesthésistes Diplômés d’État (IADE), qui, eux, ont une formation pour la réanimation, c’était plus simple. La SFAR a fait beaucoup de formations pour aider les professionnels arrivant dans ces zones de « guerre » à être rapidement au niveau sur des formations par simulation, sur le terrain, ou théoriques avec des webinars.

En même temps, on a dû mettre à disposition de l’ensemble de la communauté médicale des recommandations qui changeaient très souvent parce qu’on découvrait au fur et à mesure des éléments sur le virus, sur la façon de le prendre en charge. Il y a eu un énorme travail de communication de la SFAR pour amener cette information auprès de tout le monde. Nnotamment le développement du système AviRéa, une hotline 24h/24 où tous les cliniciens francophones de France mais aussi de l’étranger pouvaient poser des questions d’organisation, de prise en charge de patients. Les experts de la SFAR ont essayé de répondre en moins d’1 heure. Nous avons vraiment essayé d’aider comme on pouvait l’ensemble des professionnels de santé qui, avant nous, avait fourni leur aide, leur expérience, leur expertise et leur bonne volonté pour pouvoir faire face à cette crise hors-norme et hors du commun.

Quelles seront vos actions prioritaires à l’issue de cette crise ?

D’abord donner un peu de repos à tous ceux qui sont sur la brèche depuis le début.

L’hôpital était sous tension depuis des années. Je pense que cette crise, face à laquelle l’hôpital tient en dépit de l’impact de cette vague et de ce tumulte dû au Covid, l’hôpital public, aidé par l’hôpital privé, tient le choc mais sortira probablement lessivé de cette crise. Donc du repos, probablement repenser nos organisations. Il va falloir réinjecter des personnes qualifiées dans ces services. On aura besoin d’être soutenus à ce moment-là, quoi qu’il en coûte.

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