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911mars 2021

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Zoom sur Stéphanie Combes

dépistage
données de santé

Stéphanie Combes, Directrice Générale de la plateforme des données de santé, ou Health Data Hub. Health Data Hub est un groupement d’intérêt public remplaçant l’Institut National des Données de Santé, créé en 2016. Cette plateforme est récente et a été créée fin novembre dernier, suite à la loi Organisation et Transformation du système de santé. Le but est d’améliorer la réutilisation des données de santé et de faciliter les recherches en santé dans le respect des droits des citoyens et en toute sécurité.

Quel a été le rôle du Health Data Hub pendant la crise Covid-19 ?

C’était un challenge de pouvoir apporter le service imaginé dans le cadre du Health Data Hub pour aider à la gestion de la crise sanitaire. C’est tout à fait pertinent d’utiliser le Health Data Hub dans un tel contexte puisqu’on fournit des accès facilités à des données de santé pour réaliser des traitements. On a bien vu que les données de santé ont été pertinentes pour aider au pilotage de la réponse à la crise sanitaire. Toutefois pour nous c’était encore le début.

On existe depuis seulement six mois. On avait prévu de mettre en production notre plateforme technologique au mois de juin. On a dû accélérer notre feuille de route, renforcer nos équipes techniques, pour être en capacité de mettre à disposition les premières données de santé à des équipes notamment du Ministère de la Santé courant du mois d’avril.

Pour les prochains mois, le principe sera de poursuivre sur cet élan-là.

On a identifié un certain nombre de bases de données de santé. Les premières données qu’on partage en ce moment, ce sont les résumés de passage aux urgences de Santé Publique France. Nous sommes en train de récupérer les données de l’Assurance Maladie, avec notamment le flux fast track PMSI qui va permettre d’analyser les facteurs de risque des hospitalisations Covid, les complications pour ces patients-là, un certain nombre de sujets de ce type-là.

Il y aura également un chaînage avec les données de l’Assurance Maladie et les données de l’entrepôt de données de santé de l’AP-HP qui sera sans doute extrêmement intéressant du point de vue des recherches qui seront réalisées à partir de cette base. Il y a également les données du système d’information de dépistage du SiDEP qui permettront aussi de mettre en regard les résultats du dépistage et d’autres données contextuelles. Et enfin un travail, un projet, sur lequel nous apportons notre offre de service qui vise à mobiliser des scanners thoraciques et des résultats de tests PCR pour développer avec des outils d’Intelligence Artificielle des outils d’aide au dépistage de Covid graves à partir de ces données-là.

Il a plusieurs usages possibles de la plateforme dans le cadre d’une crise sanitaire. Un premier qui pourrait être un usage très immédiat. Par exemple, les données de Santé publique France sont mises à jour tous les 2 ou 3 jours pour les analyses de la Drees. Mais c’est vrai que l’essentiel des usages qu’on va imaginer avec la plateforme des données santé sont plutôt des recherches épidémiologiques ou du développement d’outils d’aide aux professionnels de santé. Des recherches qui vont permettre d’améliorer la compréhension de la pathologie et qui vont du coup s’étendre sur plusieurs mois et permettre d’acquérir une meilleure connaissance du Covid, sans doute dans les six prochains mois. Personne ne sait prédire l’avenir, mais si en automne, par exemple, il y avait une seconde vague, on serait mieux outillé pour y répondre parce qu’on aura une meilleure connaissance de cette pathologie grâce aux données de santé.

Au-delà de la crise, quelle sera l’actualité du Health Data Hub ?

Dans un contexte hors crise sanitaire, ce qu’il était prévu de faire dès l’année 2020, c’est mettre à disposition des données de santé de nos premiers projets pilotes.

On a d’ailleurs un projet qui a été tout récemment autorisé par la CNIL. Il s’agit d’un projet porté par une startup, Implicity, et qui vise à chaîner des données de dispositifs médicaux pacemaker avec les données de l’Assurance Maladie pour développer des outils d’alerte pour les professionnels de santé. Ce projet-là, par exemple, va pouvoir se développer grâce à nos outils dans les mois à venir et beaucoup d’autres de nos projets pilotes vont suivre.

On a également organisé un appel à projets avec Olivier Clatz, le directeur du programme « Comment améliorer les diagnostics avec l’Intelligence Artificielle », qui va nous permettre d’accompagner une nouvelle collection de projets dès cette année. Et parallèlement à ces cas d’usages que l’on souhaite accélérer, nous travaillons à élaborer des partenariats avec les producteurs de données pour constituer ce qu’on appelle le catalogue de base de données qui permettra le partage des données de santé et d’être attractive. Cela n’a pas trop d’intérêt d’être un Health Data Hub s’il n’y a pas de données à l’intérieur.

Nous sommes en train de discuter avec une quinzaine d’acteurs des modalités du partage et de la nature de ces partenariats pour que, dès cette année, nous puissions partager effectivement un certain nombre de bases de données. Ce catalogue va grossir au fur et à mesure. L’idée c’est qu’il se développe en fonction des priorités de santé publique, des cas d’usage évidemment, qu’on est de plus en plus de données de santé réutilisables.

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