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911mars 2021

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Zoom sur Yann Bubien

chronicisation
CHU
solidarité

Dans cette interview que le Directeur Général du CHU de Bordeaux nous a accordée, il est question  des nombreuses mesures prises dans le CHU. Yann Bubien aborde également l’après Covid-19.

Dans ce contexte de crise Covid-19, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Dans un état d’esprit à la fois serein, confiant, mais également prudent sur l’avenir parce qu’on a affronté plusieurs mois difficiles au sein du CHU qui s’est totalement organisé autour du Covid-19. C’est vrai qu’aujourd’hui, si la Nouvelle-Aquitaine a été moins touchée que les autres régions, on a néanmoins beaucoup travaillé. On a accueilli beaucoup de patients qui venaient du Grand-Est et de la région parisienne. Aujourd’hui on est confiant parce que le CHU a réussi à travailler de manière très organisée avec l’ensemble du territoire, avec l’ensemble des autres établissements, les collectivités territoriales, l’Agence Régionale de Santé, des établissements privés et publics, avec le Groupement Hospitalier de Territoire. On s’est mobilisé autour d’un virus aux mille visages que nous ne connaissions pas, que nous apprenons à connaître.

Aujourd’hui on est dans un autre registre, on est en train de réorganiser nos activités, de ré-ouvrir des services, de préparer l’avenir. Mais en étant très prudent, en ayant conscience que ce virus peut resurgir à tout moment. On sort d’une crise mais on va rentrer maintenant dans une maladie chronique, dans un exercice de longue durée qui va durer des semaines, des mois avant que l’on trouve un vaccin, que l’on trouve également des médicaments qui soient efficaces.

Quelles ont été les principales actions mises en place au sein du CHU de Bordeaux ?

On a évidemment, comme tous les établissements de santé, commencé par s’organiser de manière très précoce au CHU de Bordeaux.

On a eu le premier patient Covid-19, le 24 janvier dernier, un vendredi. Le premier patient confirmé est à Bordeaux. Il s’agit d’un Français, un Bordelais qui a fait un voyage d’affaires à Wuhan dans la province de Hubei en Chine et qui revient à Bordeaux, porteur du Covid-19. On a donc été très vite concerné par ce virus. On s’est organisé tout de suite. Nos services de maladies infectieuses, maladies du voyage, maladies tropicales se sont organisés immédiatement, notamment sur les soins et également sur la recherche. En effet, après ce premier patient, on a vécu quelques semaines sans autre patient confirmé. Cela nous a permis de nous préparer très en amont. Ensuite, on a déprogrammé, évidemment, comme l’ont fait l’ensemble des établissements. Et puis on s’est organisé totalement en fonction du Covid-19. Par exemple, aux urgences qu’elles soient adultes ou pédiatriques, on a organisé des postes médicaux avancés de manière à avoir des filières dédiées qui soient soit Covid positif soit Covid négatif. On a organisé tout le pôle de virologie sur le sujet. On a gradué en quatre phases l’ensemble de l’organisation du CHU de Bordeaux avec les anesthésistes réanimateurs, avec la réanimation médicale, avec la virologie, avec les maladies infectieuses. On a tout organisé pour avoir quatre stades différents en fonction des arrivées, des vagues, de la montée de l’épidémie Covid-19 en Nouvelle-Aquitaine. Il se trouve que nous avons eu la chance de ne pas être trop impactés et d’être la région la moins impactée en France.

En revanche, à cinq reprises, nous avons été les premiers à recevoir, par l’avion militaire Morphée, des patients du Grand-Est, puis un deuxième avion militaire, puis trois TGV médicalisés qui ont amené des patients du Grand-Est et de la région parisienne au CHU de Bordeaux. Ce qui nous a permis également de travailler avec l’ensemble des établissements, de faire oeuvre de solidarité. Je crois que dans ces épreuves difficiles ce qui compte c’est la solidarité et la solidarité entre établissements publics et privés, la solidarité avec les professionnels de santé libéraux avec lesquels nous avons extrêmement bien travaillé, avec tous les médecins de ville, avec les infirmiers de ville, avec les kinésithérapeutes de ville. On a très bien travaillé ensemble en créant une plateforme ville — hôpital qui permet d’appeler actuellement le CHU de Bordeaux à tout moment, y compris le week-end, pour avoir des informations et connaître la procédure. Une plateforme également pour tout ce qui est suivi des malades Covid-19 en ambulatoire à domicile avec un lien direct avec le médecin traitant évidemment et puis avec le CHU de Bordeaux. Nous avons également fait oeuvre de solidarité en envoyant des médecins, des internes, des infirmiers anesthésistes dans les régions qui étaient les plus touchées. De nombreux professionnels sont allés travailler dans le Grand-Est et en région parisienne pour aider les équipes ce qui était bien normal. Du matéirel a été également envoyé. On s’est organisé totalement sur le Covid-19. Ce n’est pas terminé. Comme je le disais, on passe de la phase de crise à la phase plus chronique avec une organisation qui va être différente, avec des scénarios différents, des scénarios à géométrie variable, en fonction des besoins qui seront nécessaires dans les semaines et dans les mois qui viennent. C’est une période extrêmement nouvelle, extrêmement inédite, extrêmement difficile, à la fois pour les personnels de santé mais également pour les patients. Il faut éviter toute perte de chance pour retard de soins, pour l’ensemble de nos patients. Parce qu’en se tournant vers le Covid-19, on a beaucoup dé-programmé. Une opération qui, il y a deux mois n’était pas urgente, peut devenir semi-urgente, voire urgente et nécessaire. Il faut aujourd’hui s’organiser en fonction de cette épidémie, de ce virus aux mille visages que nous ne connaissons pas encore suffisamment.

À l’issue de cette crise, quelles seront vos actions prioritaires ?

C’est d’abord avoir un parcours qui soit sécurisé. Sécurisé pour les soignants. Il ne faut pas être infecté quand on est soignant. Il faut sécuriser pour les soignants et sécuriser pour les patients. Aujourd’hui, un patient qui vient au CHU de Bordeaux, ne doit pas être contaminé par le Covid-19. On s’organise totalement avec des filières dédiées, avec une organisation en interne dans chaque service. Dans les consultations, en enlevant évidemment des chaises, en distribuant des masques, en organisant un parcours dédié. On supprime aussi les chambres doubles. Au sein du CHU, on dépiste de manière massive toutes les personnes qui viennent, toutes les personnes symptomatiques, que ce soit des professionnels de santé comme des patients. On a besoin de dépister énormément pour évidemment éviter toute contamination par le Covid-19.

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